Sécurisation foncière : là où doit commencer la transformation ?

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L’insérucité foncière limite le potentiel de l’agriculture familiale au Burkina Faso

L’insécurité foncière est l’une des principales contraintes de l’agriculture familiale. Premier facteur de production, le foncier est vital pour les exploitations familiales agricoles au Burkina Faso.

Avec un régime foncier encore très précaire, malgré l’adoption en 2009 d’une loi sur le foncier rural, le pays tangue continuellement entre la loi moderne et les modes traditionnels de contrôle et de gestion de la terre. Cela place de millions d’agriculteurs familiaux dans une insécurité foncière. La plupart ne disposant d’aucun document officiel de sécurisation ou de propriété foncière.

Une situation d’insécurité aggravée par la pression foncière liée en partie par l’appropriation de superficies importantes par une élite urbaine. Cela, dans un contexte marqué par une forte dégradation des terres. « Les gens ne s’investissent pas dans la récupération des terres parce que celles-ci ne leur appartiennent pas vraiment. On ne sait jamais trop qui en est le propriétaire : la famille, le quartier, le village ou l’Etat ? », avance Henri Girard, président de Terre Verte, une ONG qui travaille avec des petits exploitants familiaux au nord du Burkina pour l’aménagement et la restauration des sols dégradés.

Formaliser la propriété foncière

Il ajoute que : « s’il y a un rôle que l’Etat peut vraiment jouer pour apporter de bonnes bases pour l’agriculture de demain, ce serait de fixer la propriété foncière, non pas pour les hommes d’affaires ou des étrangers, mais pour les gens qui vivent sur ces terres et qui en tirent leurs moyens de subsistance. Cela à travers une formule abordable pour ces paysans, car en général les actes de propriété foncière coûtent trop cher ».

Pour sa part, la Confédération Paysanne du Faso (CPF), forte de ses 500 000 membres, revendique la sécurité foncière, gage de durabilité des systèmes de production. Mais la loi sur le foncier rural connait un début d’application plutôt timide.

Une loi qui selon certains producteurs, arrive un peu en retard. L’élite politique et économique ayant eu tout le temps et la latitude de s’accaparer de milliers d’hectares.

Valoriser le métier d’agriculteur

Au-delà de la question foncière, le métier d’agriculteur a besoin d’être valorisé au Burkina Faso. La clarification d’un statut d’agriculteur avec des règles régissant son exercice, est l’une des revendications de la Confédération paysanne du Faso. Cela pourrait faciliter l’accès des producteurs familiaux aux financements, une autre pierre d’achoppement.

Les producteurs familiaux ont également besoin d’avoir plus facilement accès aux facteurs de production à des prix compatibles avec leurs ressources limitées. « Ce qu’on peut faire pour qu’il y ait plus de productivité, c’est de nous accorder une aide pour cultiver nos champs. En plus de l’aide nous voulons de nouveau matériel de travail. Cela nous permettra de faire face à l’état de nos champs, de faire l’élevage et mettre le fumier sur les sols arides. En le faisant nous pensons que nous aurons suffisamment à manger », conclut Yobi Ouedraogo

 (Texte extrait de l’article original d’Inoussa Maïga publié dans Défis Sud : http://www.sosfaim.be/pdf/publications/defis_sud/116/defis_sud_agriculture_familiale_burkina.pdf)

Crédits photos : Inoussa Maïga

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