La science, oui! Mais pour les petits agriculteurs familiaux!

Pour permettre le développement, les sciences agricoles et l’innovation doivent être au service du plus grand nombre.

Pour permettre le développement, les sciences agricoles et l’innovation doivent être au service du plus grand nombre.

L’Afrique nourrit l’Afrique grâce aux sciences agricoles et l’innovation. Tel est le thème de la sixième Semaine scientifique de l’agriculture en Afrique (AASW6) organisée tous les trois ans par le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA).

Une Afrique qui nourrit ses enfants, voilà que fait rêver tout africain ainsi que les amis du Berceau de l’humanité. Eradiquer la faim en Afrique, un objectif plus que noble. Mais doit-il se réaliser à n’importe quel prix ?

L’évolution de la science et des technologies permet des progrès. Cela est aussi vrai dans le secteur agricole. Mais tout progrès n’étant pas systématiquement synonyme de développement, la question fondamentale est: quelles sciences et quelle innovation  et au service de qui ?

Des sciences au service du plus fort…?

En Amérique comme en Europe, les petites exploitations agricoles ont littéralement disparu au fur et à mesure que la science et les technologies agricoles avançaient. Elles ont laissé place à des exploitations toujours plus grandes. Aujourd’hui dans ces régions, les agriculteurs représentent à peine 3% des populations.

Un tel scénario serait une catastrophe sans précédent pour les pays africains essentiellement ruraux. Science et innovation se transformeraient en des armes de domination massive dans les mains des plus riches.

Des millions de petites exploitations familiales disparaitraient, et des millions de personnes deviendraient au meilleur des cas partiellement ouvriers agricoles et chômeurs temporels. Ce qui serait aussi dommageable, sinon plus, que la faim et la malnutrition. Les sociétés africaines se bouleverseraient profondément et les Etats s’écrouleraient comme des châteaux de sable sous le poids du chômage et d’une urbanisation explosive.

…Ou au profit du plus grand nombre ?

C’est pourquoi en Afrique, il est particulièrement vital de mettre la science et les innovations agricoles au service du plus grand nombre, des plus démunis, c’est-à-dire des petits agriculteurs familiaux.

Une science et des innovations qui répondent aux besoins des plus nombreux, des petits agriculteurs familiaux africains, sont des gages de développement durable et de paix sociale. Celles-ci permettraient à l’exploitation familiale de se transformer progressivement en de véritables entreprises de production de nourriture et de richesses au profit du continent et du reste du monde.

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