Burkina Faso : Pour mieux nourrir leurs enfants, des femmes produisent leurs propres légumes

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C’est une école sans table-banc, ni tableau. Des femmes qui viennent apprendre des techniques améliorées de jardinage pour mettre en place par la suite leurs propres jardins potagers.

A Fonghin, un village situé à 30 km de Fada N’Gourma chef-lieu de la région de l’est du Burkina Faso, la ferme école d’à peine un quart d’hectare, a tout d’un morceau de paradis pour Risnata Yonaba et une trentaine d’autres femmes démunies..

Dans un bras son enfant de six mois et dans l’autre un arrosoir, Risnata Yonaba arrose ses légumes.  En ce jour de Pâques sous un soleil ardent de midi, la chaleur est intenable. Entre deux coups d’arrosoir, Risnata Yonaba observe une petite pause pour allaiter son enfant en pleurs. A la question de savoir pourquoi il pleure autant, elle répond tout sourire avec humour : « Mon fils n’aime pas être au soleil. J’espère qu’il aimera l’école pour devenir un jour comme vous, sinon ça sera difficile pour lui ».

Sur deux petites planches d’environ 3 mètres de long et 1 mètre large, Risnata cultive du gombo, de l’oignon, de l’épinard, des feuilles d’oseille et de haricot. Une production à très petite échelle, essentiellement destinée à la consommation familiale. Risnata Yonaba explique : « C’est pour nos enfants qu’on cultive ça. Il faut qu’on puisse bien manger pour avoir le lait. Les légumes frais donnent beaucoup plus de lait que les légumes secs. C’est bien pour les femmes allaitantes. Les légumes frais sont bien aussi pour les enfants malnutris. Ça les aide à avoir plus de force. »

Le concept de ferme école villageoise est une initiative de l’ONG Helene Keller International (HKI) en réponse au phénomène de malnutrition, notamment chez les enfants en bas âge. Au Burkina Faso, les carences en micronutriments comme la vitamine A, le Fer et le Zinc, sont fréquentes chez les enfants et les femmes enceintes et allaitantes.

L’ONG apporte un appui aux femmes démunies qui ont des enfants en bas âge (de 3 à 11 mois) pour produire des fruits et des légumes riches en micronutriments dans 30 villages dont Fonghin. Vingt-cinq autres villages où aucune action n’est menée servent de villages de contrôle.

Ousmane Tiendrebeogo est l’un des enquêteurs recrutés par l’ONG HKI pour l’évolution de la situation alimentaire dans les villages. Il confie : « On n’enregistre de moins en moins des cas d’anémie grave dans les 30 villages d’intervention. Ce qui n’est pas le cas dans les villages de contrôle. »

A Fonghin, la ferme école des femmes a été mise en place en 2010. Azara Moyenga est l’une des dernières inscrites. Mais elle en voit déjà les bénéfices : « Quand on a commencé à cultiver ces légumes, on a remarqué beaucoup d’améliorations. Quand tu coupes quelques feuilles d’épinard, de niébé et d’oignon que tu prépares même sans sel, tu ajoutes un peu d’arachide, quand tu manges ton lait commence à couler déjà. Je ne fais pas deux jours sans couper quelques feuilles pour ma cuisine ».

La ferme école permet de sortir de la précarité ces femmes souvent laissées à elle-même. Risnata Yonaba témoigne : « Vous savez dans nos villages ici, les hommes ne donnent pas aux femmes l’argent pour la cuisine. Ils leur donne les grains et c’est à elles de se débrouiller pour en faire un repas. Ce n’est pas la magie. Il faut un peu d’argent pour le faire. De temps en temps je coupe quelques feuilles pour vendre. Je peux avoir 250 F CFA (0,5 dollar). Avec ça j’achète un peu d’huile et de sel ».

Les fermes écoles sont établies pour servir de modèle et enseigner les techniques de jardinage améliorées. Une fois les femmes formées, elles reçoivent des semences et des boutures pour créer leur propre jardin.

Risnata Yonaba compte mettre en place son propre jardin potager d’ici quelques semaines à côté de sa maison. Mais pour ça, elle sait déjà qu’elle devra faire face au manque d’eau dans le village qui ne permet pas de produire beaucoup.

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3 réflexions sur “Burkina Faso : Pour mieux nourrir leurs enfants, des femmes produisent leurs propres légumes

  1. merci mr. Maiga, j’en ai trop fait d’enquetes a l’ EST du BURKINA pour savoir que ce que tu dis est incontestable car j’y ai cotoye les populations.

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